Toute l’attention des traders de l’EUR/USD est actuellement tournée vers le conflit au Moyen-Orient. Les déclarations tonitruantes de Trump et les prises de position tout aussi retentissantes des autorités iraniennes exercent une forte influence sur la paire. Mercredi, les acheteurs ont testé la zone des 1,1600, tandis que jeudi, les vendeurs se sont rapprochés des limites du niveau de prix de 1,1400. Les statistiques macroéconomiques ne jouent ici qu’un rôle secondaire et de soutien. Par exemple, l’indice ISM manufacturier publié mercredi a apporté un soutien supplémentaire au dollar, atteignant un plus haut de près de quatre ans. Toutefois, cette publication n’a fait que compléter le tableau fondamental : le principal moteur reste la géopolitique.

Il est important de noter que le vendredi 3 avril, des données clés sur le marché du travail pour le mois de mars seront publiées aux États-Unis. Il s’agit d’un rapport crucial qui pourrait provoquer une forte volatilité sur la paire EUR/USD, en particulier si les résultats réels s’écartent sensiblement des prévisions. Dans ce cas, dans quelle mesure peut-on se fier aux Non-Farms dans la perspective d’ouvrir des positions longues/courtes ? Un mauvais rapport NFP peut-il « l’emporter » sur l’agenda géopolitique ?
Selon les prévisions préliminaires, le taux de chômage américain devrait rester au niveau de février, soit 4,4 %. D’après d’autres estimations, le taux de chômage devrait à nouveau augmenter en mars – cette fois à 4,5 %. Parallèlement, le nombre de personnes employées dans le secteur non agricole ne devrait progresser que de 56 000 en mars. Un résultat aussi faible pourrait être interprété favorablement pour la monnaie américaine, compte tenu des mauvaises données de février. Rappelons qu’à l’époque, le nombre d’employés avait diminué de 90 000, principalement en raison de conditions météorologiques défavorables.
En février, les embauches ont été entravées par un froid particulièrement rigoureux. Le temps plus clément en mars a notamment facilité le retour des emplois dans le secteur de la construction. De plus, contrairement à février, les travailleurs du secteur de la santé aux États-Unis ne sont pas en grève. L’arrêt des grèves dans la santé, qui avait pesé négativement sur le rapport de février, pourrait ajouter environ 30 000 au chiffre total des NFP.
Le salaire horaire moyen devrait augmenter de 0,4 % sur un mois, après une hausse de 0,3 % le mois précédent. Sur un an, ce chiffre devrait également accélérer, passant de 3,8 % à 4,1 %. Formellement, un tel résultat pourrait soutenir le billet vert, mais tout dépendra ici de la dynamique des autres composantes du rapport. En effet, une accélération de la croissance des salaires dans un contexte de faibles embauches est l’un des signes de pressions stagflationnistes.
Cependant, le marché suivra surtout la dynamique de l’emploi. Si les NFP sont publiés en ligne avec les prévisions (environ 55 000–60 000), la monnaie américaine ne recevra qu’un soutien limité et de fond, avec l’idée que la baisse de février était effectivement due à des circonstances exceptionnelles. Le marché percevra le résultat attendu comme un signe de stabilisation après la baisse ponctuelle du mois précédent.
Si les Non-Farms ressortent nettement au-dessus des attentes (c’est-à-dire au-delà de 80 000), le dollar bénéficiera d’un soutien considérable, car un tel résultat écarterait clairement, à court terme, la perspective d’une baisse de taux.
En revanche, si l’indicateur d’emploi affiche un résultat faible (c’est-à-dire inférieur à 40 000), le dollar pourrait subir une forte pression dans l’immédiat, permettant aux acheteurs de l’EUR/USD de provoquer un rebond haussier. Dans ce cas, les craintes de récession aux États-Unis s’intensifieront, avec toutes les conséquences que cela implique. Par ailleurs, au-delà du chiffre principal des NFP, le taux de chômage U-6 (chômage élargi), tombé à 7,9 % en février, sera également important. S’il augmente parallèlement au taux de chômage principal, cela signalera un refroidissement du marché du travail.
Néanmoins, quelle que soit l’issue des Non-Farms de mars, leur influence sur la dynamique de l’EUR/USD devrait rester de courte durée, car le ton des échanges continuera d’être dicté par la géopolitique.
En examinant le graphique hebdomadaire de l’EUR/USD, on constate que les traders réagissent de manière impulsive et émotionnelle aux déclarations contradictoires de Trump, puis reviennent dans la zone de 1,1500. Les acheteurs ne parviennent pas à s’installer durablement au-dessus de l’objectif de 1,1600, tandis que les vendeurs ne parviennent pas non plus à se fixer en dessous de 1,1500. Par conséquent, si le rapport NFP provoque un mouvement de prix impulsif dans un sens ou dans l’autre, il est judicieux d’envisager l’ouverture de positions visant un retour de la paire vers la zone de 1,1500. Malgré son importance, le rapport Non-Farms de mars ne devrait probablement pas « l’emporter » sur l’influence de l’agenda géopolitique, ce qui signifie qu’il ne définira pas la tendance de la paire. Dans le même temps, les signaux contradictoires en provenance de la géopolitique continuent de « maintenir » la paire dans la zone des 1,1500.